LABORATOIRE D’IDÉES CITOYENNES
pour mieux vivre ensemble et pour la démocratie locale.

Un mauvais film

Silence, ça tourne…

Cadrage sur les visages, un homme nous parle de sécurisation, de faire diminuer les incivilités, de stopper les vols et les agressions. La solution est simple : installer plus de caméras pour filmer les angles morts. Plan large sur la salle au ralenti, la plupart des personnes semblent conquises, affichent des mines approbatrices.

Coupez ! Scène suivante.
Action !

Gros plan sur la personne qui prend la parole. En réalité, il y a quelques questions à se poser. Où sont ces caméras ?
Y a-t-il une carte de localisation ? Qui les regarde ? Quels sont nos droits sur le sujet en tant que citoyen·nes ? Où sont stockées les données et dans quels buts ? Transparence et communication semblent nécessaires…
Plan-séquence extérieur.

Moteur, ça tourne :

Travelling avant, la caméra suit quelques personnes dans la rue. Elles se retournent, ayant la désagréable sensation d’être observées.

Voix off : en France, le nombre de caméras par habitant progresse et c’est un investissement conséquent pour le budget des communes. Aucune étude ne démontre la baisse de la criminalité suite à l’installation d’un système de vidéosurveillance. Parfois certaines enquêtes progressent suite au visionnage des images enregistrées, le sentiment de sécurité sur l’espace public aussi.
Caméra de surveillance n°26 : scène finale

Plan fixe sur un bâtiment. La porte d’entrée s’ouvre et les figurants sortent à ciel ouvert. On reconnaît l’homme de la première scène qui propose une cigarette à son entourage.
Les fumées s’élèvent devant l’objectif. On devine encore quelques mots si l’on sait lire sur les lèvres, et, dans l’angle à droite, une femme qui filme la scène avec son téléphone. Le scénario s’enlise et les images deviennent floues. Hors champ des drones, des chants d’oiseaux…

Générique de fin.