Le 11 février 2025, le Dauphiné Libéré titrait : “Les plus grands supercalculateurs d’Europe vont être isérois”, expliquant qu’une partie des 109 milliards d’euros d’investissement dans l’intelligence artificielle (IA) annoncés par Emmanuel Macron va terminer… en Isère.
Les data centers représentent la deuxième source de pollution du secteur du numérique, après la fabrication des équipements. Leur empreinte environnementale provient en partie des besoins en électricité continus nécessaires à leur fonctionnement. Un serveur en veille consomme en moyenne 100 watts afin de pouvoir répondre instantanément à une requête ; un datacenter en contient des milliers.
L’empreinte carbone s’explique également par la nécessité de maintenir les serveurs à une température ambiante de 25 °C.
En effet, « Le refroidissement est l’une des fonctions vitales d’un data center. C’est un enjeu majeur. 40 % de l’énergie consommée par cette installation viennent de son système de refroidissement », explique Bruno Lafitte, expert en technologie de l’information à l’ADEME. Ces techniques de refroidissement demandent en plus une grande quantité d’eau, une ressource précieuse, devenue stratégique à cause des effets du réchauffement climatique.
Loin de remettre en cause leur activité, les promoteurs de l’intelligence artificielle promettent une version améliorée de l’IA, supposément plus « verte » et plus « sobre », une nouvelle fuite en avant ! Les outils numériques génèrent de nouveaux usages, donc de nouveaux impacts, qui viennent s’empiler sur tous ceux qu’on essaie déjà de réduire.
L’impact des services numériques et dématérialisés sur la planète est de fait très concret, reste aux usagers à en avoir conscience.

