L’autre nuit de pleine lune, en marchant à Crémieu, je voyais comme en plein jour. Un autre soir à nuit noire, il devait être 23h57, la ceinture d’Orion dessinait dans le ciel le plaisir d’un astronome amateur. Des nébuleuses et des constellations. Mais couper l’éclairage nocturne, ce n’est pas juste redécouvrir les étoiles, c’est aussi un geste écologique.
Nous parlons de pollution lumineuse, partout dans le monde industrialisé, causée par l’éclairage public, l’illumination de bâtiments ou de magasins. Une nuisance qui, comme la pollution sonore, dérègle les cycles biologiques des animaux, affecte leur croissance et leur reproduction. La lumière peut être perçue comme une gêne aux conséquences infimes mais la science observe, avec un intérêt récent, des effets sur la santé humaine également et notamment sur le système nerveux.
Le suréclairage est pratiqué dans les pays où l’électricité est abondante. Sans compter le pur gaspillage d’énergie, posons-nous la question de sa pertinence. Localement, sous l’ancienne majorité, la ville de Crémieu a opté pour l’extinction de l’éclairage public la nuit, comme la moitié des communes de même taille. C’est une avancée écologique pour un plus grand respect des autres formes de vie, un petit pas vers une douce sobriété énergétique également. Pourquoi remettre en question ce qui est bénéfique pour notre écosystème et moins coûteux pour le budget communal ?
Par ailleurs, aucune étude ne démontre clairement une augmentation des agressions dans les villes ayant choisi l’extinction de l’éclairage nocturne.
Gardons la nuit et son univers noir et profond, qui chaque soir rythme nos vies.

