Nous sommes entrés dans une ère du mensonge.
En 2024, une étude montrait déjà que plus de 60 % des contenus viraux étaient partagés sans être vérifiés*. De quoi influencer rapidement nos avis et nos opinions.
Une image ne prouve plus rien. Un texte peut relever de la désinformation. Une vidéo peut manipuler. S’il y a quelques années, les fake news (ou infox) étaient marginales et faciles à analyser, l’exercice devient de plus en plus complexe, et appelle à une vigilance accrue.
Nous sommes entrés dans l’ère industrielle des images qui mentent, l’ère des dirigeants qui assènent leur propre vérité, l’ère où certains journaux TV ou papier désinforment sciemment.
Les outils proposés par l’intelligence artificielle accélèrent le phénomène. Récemment, sur les réseaux, des images truquées, montrant de faux agriculteurs en pleurs, détournaient une colère bien réelle au profit de comptes cherchant surtout visibilité et revenus. Mais attention, une émotion n’est pas un fait.
Les campagnes de désinformation, quant à elles, ne contiennent pas nécessairement de fausses informations ; leur but est plutôt de déformer la réalité moyennant des contenus manipulés. Elles sont très efficaces, puisqu’elles reposent sur la loi dite de Brandolini selon laquelle « la quantité d’énergie nécessaire pour réfuter des sottises […] est supérieure d’un ordre de grandeur à celle nécessaire pour les produire ».
Le vrai acte de résistance devient alors le temps : le temps de douter, de croiser les sources, de ralentir avant de partager. S’informer correctement devient un acte citoyen.
*unesco.org – novembre 2024

